Chapitre 26 : Début de cure.
« POV de Tom »
Au bout d'un moment, Bill n'écoute plus du tout ce que je joue. J'arrête de jouer et il ne s'en rend même pas compte. Il reste là à fixer je ne sais quoi.
- Bill ? Tu m'écoutes ?
- ...
- Bill ?
- Quoi ? Désolé, j'étais ailleurs.
- Oui c'est ce que je vois. Ca ne va pas ?
- Euh...
- Je vois, tu commences à te sentir mal c'est ça ?
- Un peu oui. Mais ça va aller.
- Bill, je sais très bien comme toi que ça ne va pas aller, au contraire, ça va empirer jusqu'à ce que ton corps réussisse complètement à se passer de drogue.
- Oui... je sais... Mais ça me fait peur, je n'ai jamais vécu ce genre de situation, j'ai connu le manque plus d'une fois bien sur, mais je remédiais au problème, tandis que là, je ne pourrais pas.
- Mais moi je serais là pour t'aider Bill.
Je m'approche de mon frère pour le prendre dans mes bras. Au même moment quelqu'un frappe à la porte. Une ASH qui vient nous apporter notre repas. Nous la remercions puis avant qu'elle s'en aille je l'interpelle.
- Excusez moi, es-ce que ce serait possible de voir notre médecin en début d'après midi ?
- Oui bien sur, j'irais lui dire que vous souhaitez le voir.
- Merci beaucoup.
- De rien et bon appétit.
Elle referme la porte et je croise le regard de Bill. Il me fixe sans rien dire.
- Pourquoi tu veux voir le médecin ?
- Pour toi. Si tu commences à être mal, peux être qu'il pourra te donner des trucs pour que ça passe mieux non ?
- Je croyais que le but d'une cure était d'éviter toutes sorte de substances ?
- Oui c'est vrai... Allez, mange avant que ce soit froid.
- J'ai pas faim...
- Bill, tu discutes pas, tu manges et c'est tout. Sinon j'appelle quelqu'un pour qu'il te fasse manger comme un bébé.
- Non merci...
Il trifouille encore son assiette et en voyant mon regard exaspéré, il se met finalement à manger. Au bout de trois bouchées il s'arrête.
- Je n'ai plus faim...
- Je m'en fiche, t'as rien manger alors fais un effort.
- Mais je vais être malade si je me force.
- Et si tu ne te forces pas, tu auras des perfusions en permanence et si on me demande si tu manges je ne te défendrais pas.
- T'es vache !
- Non, je me soucis juste de ta santé. Aller, force un peu. Mange au moins ta viande.
Il fini par manger son bout de viande, qui n'était franchement pas bien gros puis il repose son plateau sur la tablette qu'il éloigne de lui. Moi je mange tout le contenu de mon plateau. Lorsque l'ASH revient nous débarrasser, elle constate que Bill n'a rien mangé. Elle sort alors un petit calepin et commence à écrire.
- Qu'es-ce que vous faite ? demande Bill.
- On m'a demandé de noter tout ce que vous mangiez. Apparemment vous avez des problèmes de poids. Je dois tout noter pour que votre médecin regarde.
Elle regarde mon plateau.
- En revanche, vous, vous avez bon appétit.
- Oui, je réponds.
Elle prends nos plateaux et s'en va rapporter ses notes. Bill semble déçu que ses repas soient contrôlés de la sorte. Je m'en vais le réconforter un peu et à ma grande surprise il me repousse.
- Ben qu'es-ce qu'il y a ? Pourquoi tu me repousses ?
- Pour qu'on soit quitte.
- Quoi ?
- Hier soir tu m'as repoussé. Dans la douche.
- Oui mais j'avais une bonne raison, toi non.
- Ce n'est pas grave.
- Aller fait pas ton boudin Bill. En plus les autres vont arriver et n'oublie pas qu'il y a les deux internes aussi qui viennent. Tu vas pas tirer la gueule toute l'après midi non ?
- Non pas toute l'après midi, seulement jusqu'à ce qu'on ait de la visite.
- J'ai même pas le droit à un petit câlin en attendant ? On ne sera pas seuls avant ce soir, il faut en profiter.
- Non tu n'y as pas le droit.
- Steuplait, Bill.
- Non, n'insiste pas, tu attendras ce soir. Moi j'ai pas eu le choix alors toi non plus.
- Ce que t'es mauvais...
- Ce n'est pas de ma faute, c'est le manque...
- Mais oui bien sur...
De toute façon on aurait rien pu faire car quelqu'un frappe à notre porte. Le médecin.
- Bonjour Tom, bonjour Bill.
- Docteur, nous répondons ensemble.
- Alors comment te portes tu Bill.
- Assez bien pour sortir d'ici.
- Ah ce n'est pas si simple, n'oublie pas que tu as deux problèmes à régler ici. Nous t'avons pesé à ton entrée à l'hôpital. Tu faisais 42 kilos. Si d'ici trois jours tu n'es pas remonté à 45, nous devrons te remettre les perfusions. J'ai lu ce que tu as mangé ce midi et c'est beaucoup trop peu pour quelqu'un de ta taille, en pleine croissance en plus.
Bill ne prononce pas le moindre mot. Je vois bien que la présence du médecin le fou encore plus en rogne.
- Comment te sens tu Bill ?
- Je viens de vous dire que je me sentais très bien.
- Il ment, je coupe. Il commence à ressentir le manque de drogue.
Bill me regarde de travers.
- Traître !
- Désolé.
- Bill je dois te prévenir que quand tu te sentiras très mal, tu devras changer de chambre sinon tu risques de faire peur aux patients et la raison de ton hospitalisation ne serait plus crédible.
- Pourquoi je ferais peur aux patients ? Je vais pas leur sauter dessus !
- Non mais le manque extrême de drogue est vraiment très douloureux, les autres patients croiraient qu'on est en train de te torturer...
- Alors ça je m'en fou pas mal.
- Possible oui, mais c'est quand même ton image qui est en jeu, ça ne te ferais pas de la bonne pub si on savait les vraies raisons de ta venue ici...
- J'm'en bats les co...
Je lui mets vite la main sur la bouche pour l'empêcher de dire n'importe quoi. Il pète un plomb là c'est pas possible !!
- Bill tu arrêtes tout de suite !! je commence.
Il me regarde, ma main est toujours sur sa bouche et il me fait un regard du genre « c'est bon je ferme ma gueule ». Je retire ma main et il ne dit effectivement plus un mot.
- Laissez le dire, il faudra bien que ça sorte. De toute façon vous allez en voir de toutes les couleurs Tom, ce n'est pas facile d'assister quelqu'un qui fait une cure de désintoxication. Et je te préviens aussi Bill, que ce ne sera pas facile du tout pour toi et que le plus dur reste à venir.
- Merci ça m'aide beaucoup de savoir que je vais souffrir.
- Je veux que dès que tu ressens des douleurs très fortes que tu m'envoies ton frère pour qu'on te change de chambre d'accord ?
- Oui d'accord.
- Normalement, pas avant ce soir. Je vais vous laisser.
- Au revoir.
Il sort de notre chambre et j'ai la surprise de voir entrer nos amis juste après.
- Hey les gars. Comment vous allez ? je demande.
- Ca va, on vous a évité les ennuis ce matin. Salut Bill. Comment ça va ?
- Salut Gus, ça va bien. La police est passée ?
- Oui ils sont passés, répond Stan.
- C'est pas à toi que je le demandais, réponds Bill sur un ton plus qu'agressif.
- Faite pas gaffe à ce qu'il dit, faut pas le prendre pour vous, il commence à être en manque, je dis.
- A ok ça explique tout. Ils sont venus avec les chiens, ils ont flairés seulement dans le chalet, pas très doués les chiens.
- En parlant de pas doué, tu les as péché où ces gardes du corps ? Ils se sont laissés surprendre par notre cinglé préféré en plein milieu de la nuit, totale on s'est retrouvé avec une bestiole pendue par les tripes au mur et des flaques de sang par terre.
- C'est vrai?
- Oui euh et il veut bientôt tuer Bill aussi...
- Quoi ?
On frappe à la porte. Je vais ouvrir. Ce sont nos deux charmantes internes, Sydney et Irina. Ouawww elles se sont mises sur leur 31. Je les fais entrer dans notre chambre et comme je m'y attendais, Georg et Gus bavent devant.
- Les gars, je voudrais vous présenter des amies.
- Bonjour, je m'appelle Sydney, dit-elle en faisant la bise à Georg puis à Gus et à Stan...
- Bonjour je m'appelle, euh... je m'appelle Ga... Gui...Gerr...
- Georg. Il s'appelle Georg, je réponds.
- Moi c'est Irina, dit-elle en embrassant Gus sur la joue puis les autres.
Il ne répond même pas, il se contente de rougir violement en passant sa main sur sa joue comme si elle l'avait brûlé.
- Elles sont toutes les deux internes ici et on a pas mal discuté ensemble cette nuit, après ce qu'il s'est passé dans notre chambre, je dis.
- Tom, tu as dis quoi juste avant ? me demande Stan.
- Qu'elles sont internes...
- Nan avant ça, me coupe t-il. Sur le cinglé.
- Qu'il a dit qu'il voulait tuer Bill.
- Il a dit ça ?
- Non il n'a pas employé ce mot, il a juste dit qu'il devait préparer leur rencontre pour qu'elle lui soit mortelle.
- Tu lui a répondu quoi Bill ?
- Rien j'ai pas eu le temps il a raccroché.
Les deux filles ne savent pas trop quoi dire là dessus, elles décident donc d'aller nous chercher des trucs à boire. Une fois qu'elles ont passée la porte, Stan me demande de quoi elles sont au courant.
- Elles croient que Bill est traité ici pour une intoxication alimentaire. Elle ne savent rien sur ce qui se passe entre Bill et moi. Donc pas de gaffe sur la drogue ou sur quoi que ce soit d'autre.
- Elles sont super canon, dit Georg.
- T'as qu'à lui demander son numéro de portable, ou alors allez vous promener tous les quatre dans le parc, après tout,vous avez bien le droit à une vie amoureuse tous les deux.
- Mais on va pas vous laisser ici, rajoute Gus.
- C'est très gentil de ta part, répond Bill, mais Tom a raison. Allez donc vous promener, ce sera beaucoup plus intéressant que de parler de boyaux, de sang, de meurtre...
- C'est comme vous voulez hein, mais on peut très bien rester ici...
- Dehors ! coupe gentiment Bill.
- Ok.
Les GG's sortent de la chambre en nous jetant un dernier regard et les filles rentrent au même moment.
- Ben vous allez où ? demande Sydney.
- Ca vous dirait qu'on aille se promener tous les quatre dans le parc ? demande Georg.
- Et Bill et Tom ?
- Je crois qu'ils veulent qu'on aille dans le parc, répond Gus.
- Ah ok, euh je vous donne quand même vos boissons, répond Irina.
- Merci.
Ils ferment la porte derrière eux. Nous voilà un peu tranquille pour discuter, je ne veux pas les saouler avec ça. Les pauvres.
- Ca va leur faire du bien de sortir un peu sans nous, la visite des flics les a trop stressé, commence Stan.
- Oui ça ne doit pas être évident pour eux, répond Bill.
- Tout à l'heure j'irais voir la police pour le gars.
- Kurtis ! Il s'appelle Kurtis, répond mon frère.
- Tient c'est plus « le cinglé » ou « le taré » ?
Bill ne répond pas. Il y a un blanc d'au moins cinq minutes, personne ne parle jusqu'à ce que quelqu'un frappe à la porte.
- Faite que ce ne soit pas un médecin, murmure Bill.
Stan ouvre la porte, c'est Jack.
- Ah Jack, comment vas-tu, lui demande t-il en lui serrant la main.
- Ca va, on fait comme on peut.
Il tient dans ses mains un gros bouquet de fleurs qu'il donne à Bill. Je trouve ça étrange d'offrir des fleurs à un garçon, surtout quand elles viennent d'un autre garçon, mais il a l'air d'être content. Il y a même le vase qui va avec, en regardant de plus près j'y vois un B en lettre gothique. C'est sympa. Jack enlève le vase puis le rempli d'eau à la salle de bain. Il le redépose ensuite sur la table de chevet de Bill.
- Merci Jack, c'est très gentil de ta part.
- Mais de rien, une chambre sans fleurs est un peu triste...
- Oui tu as raison.
En voyant que personne ne disait un mot Jack demanda :
- Euh... je ne vous ai pas interrompu dans une conversation j'espère ?
- Non ne t'inquiète pas, répond Stan, en faite y avait un gros blanc depuis au moins cinq minutes...
- Ah, ok. Euh je peux repasser plus tard si vous voulez...
- Non reste ! répond précipitamment Bill.
Ben qu'es-ce qu'il lui prends lui. Il ne veut pas lui demander de rester dormir ici tant qu'on y est ?
- Tu ne veux pas rester dormir ici ce soir ? demande Bill. Y a assez de place pour nous trois dans le lit.
Nan mais quoi ??? J'ai du mal entendre...
- Tu te mettras entre moi et Tom ? On aura plus chaud à trois...
Nan mais je rêve où il l'allume là !!!! C'est quoi cette voix aguicheuse ?? Ce n'est pas possible, Bill ne dirait jamais ça, surtout pas devant moi. Je sais, c'est une hallucination. Je dois faire la différence entre le rêve et la réalité. Et je sais que ce n'est pas la réalité. Je fais comme si je n'avais rien entendu.
Mais la scène à laquelle je commence à assister me fou la rage. Je vois Stan et Jack qui prenne chacun Bill d'un côté et qui commencent à l'embrasser en le tripotant sans gêne. Je ferme les yeux espérant que lorsque je les ouvre de nouveau, tout soit redevenu normal. Mais ce n'est pas le cas. Ils comment à déshabiller mon frère et Jack entame des attouchements qui me donnent des envies de meurtre.
Je sais que ce n'est pas la réalité, pourtant je ne peux m'empêcher d'avoir envie de les insulter. Je vais jeter un coup d'½il part la fenêtre histoire de ne pas paraître trop suspect. Je les entends faire des bruits bizarres, enfin surtout Bill qui nous fait une belle démonstration vocale. En l'entendant gémir ainsi je ne peux pas m'empêcher d'avoir une érection. Vive les baggy's...
D'un seul coup les bruits cessent et j'entends de nouveaux Bill qui parle, normalement, avec Stan et Jack. Je me retourne, tout est redevenu comme avant. Bill est assit sur le lit et les deux autres sont sur une chaise. J'en ai trop marre des ces hallu de merde !!! Normalement j'aurais du avoir les résultats de l'autre examen que j'ai passé à côté du bureau du docteur. Il m'avait dit une dizaine de jours... Ca en fait plus de quinze !! Je crois que je vais devoir le contacter en premier, il m'a peut être oublié...
- Tu m'as l'air bien pensif grand frère...
- Hein ? Euh oui... Je pensais à un truc...
- Quoi ?
- Rien d'important.
Je ne sais pas si Bill a parlé de ma maladie à Jack, alors je préfère lui révéler mes pensées quand on sera seul, ou au moins quand Jack sera parti. J'avoue que j'en ai marre de rester cloîtré dans cette chambre, moi aussi j'aimerais aller dans le parc, avec Bill, derrière un buisson...
Oulala, mes pensées dérivent, je suis en manque moi. Je lui proposerais bien une petite balade dans le parc au coucher du soleil...Histoire de se retrouver un peu seul tous les deux... Sans ASH ni infirmière pour nous déranger...
« Fin du POV de Tom »
Voilà, vous avez vu???? J'ai pris un peu de temps pour vous mettre la suite. Par contre désolé pour l'image, je n'ai pas pu m'en empêcher... J'ai pris énormément de plaisir à faire ce montage...